jeudi 20 décembre 2007

Le scepticisme


A quoi sert le scepticisme si c'est seulement pour être sceptique?


La prudence? d'accord. La critique? d'accord. Mais cela n'empêche pas l'expérience : expérimenter c'est s'améliorer, et sinon, on termine dans l'immobilisme, l'acceptation d'aujourd'hui comme si on ne pourrait jamais faire mieux, et dans ce cas la perdition morale n'est pas loin (tout fait non refusé peut-être ainsi considéré comme accepté).



Pragmatique vous êtes? Ce n'est pas du scepticisme mais du pragmatisme vous dites?



Mais le pragmatique est à l'opposé l'utopiste. Vous ne croyez donc pas en l'utopie?



"Je voudrais parler positivement de l'utopie. Je me suis intéressé à ce problème-là en réfléchissant à l'idéologie. Les idéologies sont meurtrières et surtout ne se reconnaissent pas comme étant des idéologies, de la parole masquée. L'utopie, elle, se revendique et fixe la paix publique comme une ligne d'horizon. La paix est une utopie car nous sommes indéfiniment dans des situations conflictuelles où la parole, d'ailleurs, peut aussi créer de la violence dans la mesure où elle va armer les protagonistes sous la forme de l'invective, de la menace." (Le Monde du 30 janvier 2004, entretien avec Roger-Pol Droit)

et comme disait Niestzsche (Ouahh!! celle-là je rêvais de la faire depuis longtemps!) :
« Toute création est injuste et doit l’être pour apparaître. Elle commence par violer le néant. »



Alors vive l'utopie!


Naïf, vous me dites ?
Non, Idéaliste.
Ridiculement Idéaliste ?
Tant pis. Mieux vaut paraître ridicule aux yeux cyniques et opposer l’Iidéalisme aux sarcasmes, car l’un apporte l'espoir et dynamisme tandis que l’autre crée néant et statisme.
Seul l’énergie positive peut amener au bonheur.

3 commentaires:

Anonyme a dit…

"Mieux vaut paraître ridicule aux yeux cyniques et opposer l’Iidéalisme aux sarcasmes, car l’un apporte l'espoir et dynamisme tandis que l’autre crée néant ..." el Nanito

Idéalisme. - Ce mot a diverses significations au sein de la philosophie moderne. L'acception la plus répandue, non seulement dans la langue philosophique, mais dans la langue littéraire, est celle que lui a donnée Cousin dans sa Classification des systèmes de l'histoire de la philosophie, d'après les tendances fondamentales de l'esprit humain. En opposition à l'empirisme ou au sensualisme, l'idéalisme désigne en général tous les systèmes qui ont pour tendance d'élever la raison au-dessus des sens et de l'expérience. Les systèmes idéalistes sont ceux, par exemple, qui, dans le monde extérieur, au lieu de s'arrêter aux phénomènes attestés par les sens et aux rapports de ces phénomènes, s'efforcent de pénétrer dans le monde invisible des substances et des causes dont ces phénomènes sont la manifestation, et jusqu'aux types immuables dont ils sont l'imagé mobile. Dans l'âme humaine, les systèmes idéalistes admettent des idées-absolues qui ne viennent pas de l'expérience, mais de la raison : telles sont les idées du bien, du beau absolu, de l'être infini. Par ces idées, ils s'élèvent jusqu'à la réalité suprême, jusqu'à l'infini, dans la contemplation duquel ils oublient plus ou moins le monde des sens, la réalité du fini et du contingent. Parménide, Platon, Plotin, dans l'Antiquité; Descartes, Malebranche, Leibniz, dans les temps modernes, voilà les philosophes idéalistes par excellence.
Idéalisme se prend aussi, en un sens plus spécial et plus restreint, pour désigner des doctrines qui aboutissent à la négation du monde extérieur. C'est en ce sens que les philosophes écossais accusent les idées représentatives de conduire à l'idéalisme; c'est en ce sens qu'ils qualifient d'idéalisme les systèmes de Berkeley et de Malebranche.
Ce terme joue aussi un grand rôle dans l'histoire des systèmes de la philosophie après la fin du XVIIIe siècle.
Mais c'est surtout dans la philosophie allemande que l'idéalisme a reçu des sens divers et même opposés en apparence.

Quoi qu'il en soit les diverses sortes d'idéalismes, on y reconnaît toujours cette même tendance générale à subordonner les sens et l'expérience à la raison aux idées, à faire prédominer la réalité invisible sur la réalité visible, par laquelle nous avons en commençant défini l'idéalisme. Tel est donc le lien commun qui rattache ensemble les diverses significations de l'idéalisme en France, en Angleterre et en Allemagne; tel est le caractère le plus général par où il s'oppose aux systèmes sensualistes ou empiriques.

nous

Anonyme a dit…

Bonjour,

Je n'ai semble-t-il découvert ce petit blog que bien tardivement, mais la lecture complète des différents textes présentés n'en a été que plus gloutonne.

A défaut de pouvoir me repaître dans l'immédiat de la prose rafraichissante de notre joyeux naintellectuel, je saisis avec délectation mon clavier et dans la foulée ce petit texte pour donner mon avis sur la dernière publication en date.

L'ayant trouvée bardée de concepts abscons, j'ai dû à ma grande joie saisir le dictionnaire culturel en langue française pour m'imprégner avec plus de compréhension de la publication susmentionnée.

Néanmoins ma paresse habituelle, m'a fait m'arrêter sur la première difficulté à savoir la définition de scepticisme.

L’attitude du sceptique est définie comme le contraire de celle du dogmatique. Il ne s’attache qu’aux choses apparente (phainomena) sans chercher une réalité plus profonde ; la conséquence éthique en est que le sceptique vit « en observant les règles de la vie quotidienne, sans soutenir d’opinions ».

Mais plus couramment le scepticisme est présenté de la sorte : "incrédulité ou manque de confiance à l’égard de la réussite d’une entreprise, de la possibilité d’un résultat…, de la vérité d’un fait.

Alors de la méfiance ou du doute je veux bien en voir dans le scepticisme, mais de la prudence voire de la critique, je dois avouer que cela me chiffonne un peu. Je ne vois d'ailleurs pas d'opposition flagrante entre scepticisme et réalisation... On peut douter de la bonne réalisation d'un projet sans pour autant décider de refuser l'expérience. Cela donne uniquement une béquille intellectuelle du type "je vous l'avais bien dit que ça ne marcherait jamais..." en cas d'échec et une cible parfaite pour les railleries diverses en cas de réussite du dit projet.

Je ne m'étendrais pas plus longuement sur ces récriminations syntaxiques et je vous souhaiterais, El Nanito, une bonne continuation sur les chemins du monde et de la pensée...

Et comme tout chez vous finit en citation je vous laisse celle-ci :

« La seule certitude que j’ai c’est d’être dans le doute »

Pierre Desproges
Entretien avec Yves Riou et Philippe Pouchain

Anonyme a dit…

Lire le blog en entier, pretty good